W.Bullock
"Par la fenêtre nous prenons des nouvelles du monde. Mais ouvrir une fenêtre, c’est non seulement s’ouvrir au monde, y plonger par le regard, c’est aussi le faire entrer, élargir notre propre horizon. Jadis, la fenêtre, via la peinture, a dessiné les territoires du monde, métamorphosant dans son cadre le pays en paysage. On a cependant négligé que cette fenêtre qui ouvre sur l’extérieur trace aussi la limite de notre propre territoire, qu’elle dessine le cadre d’un « chez soi » La fenêtre qui ouvre sur le monde ferme notre monde, notre intérieur. Moi et le monde – ils se croisent à la fenêtre. « Qu’est-ce que le moi ? Un homme qui se met à la fenêtre pour voir les passants », répondait Pascal. Se pencher sur la fenêtre, ce sera réfléchir sur ce bord où viennent se rencontrer le plus lointain et le plus proche, et sur le fait que la fenêtre oblige peut-être à concevoir que le Moi et le Monde ne peuvent que se penser ensemble – jusqu’à ce point : et si la subjectivité moderne était structurée comme une fenêtre ? C’est ici, tout de suite, qu’il faut préciser : pas n’importe laquelle : la fenêtre née à la Renaissance. Et là encore, pas n’importe laquelle : la fenêtre de la peinture, la fenêtre du tableau, exactement, celle inventée par Alberti. Voilà l’hypothèse, elle donne le fil de l’histoire."
Gérard Wajcman, Fenêtre, Chroniques du regard et de l’intime, Verdier, 2004
Claudine Doury
Deborah Turbeville
Loomis Dean – sautatuck art colony, 1949
Harry Callahan Providence 1963
Suzanne Lafont, Voisins 6, 2001
Steven Meisel 2007
Emmanuel Sougez, Clo at the window, La Celle-Saint-Cloud, 1933
Martha Fleming-Ives
Toni Schneiders, Spiegelnde Scheiben, 1952
Roger Catherineau 1954
Hans Steiner – Orphelin belge en Suisse, 1945
Willy Ronis – Lens, Pas-De-Calais, 1951
Nilara Orama
René Burri Child, Patrocínio, Brazil, 1977
Pedro Luis Raota
Albert Watson
Alexandra Boulat Macédoine, avril 1999
Alex Prager
Alfa Castaldi 1954
Leonard Freed WEST GERMANY. Hanover. 1965
André Kertész – Woman close the Window, 1960
Ruth Orkin Iraqi Jewish Refugees, Lydda Airport, Tel Aviv, Israel 1951
Ed van der elsken – ata dans la fenetre
Nina Leen – model agencies, 1948
Edouard Boubat Paris 1951
Bill Brandt
Carl Mydans, 1954
Morris Engel Rebecca of Harlem, NYC, 1945
Helen Levitt, New York c. 1942
Robert Frank, Défilé à Hoboken, New Jersey (1955)
Nina Leen – from sunroof in atlantic city, 1948
Snjezana Josipovic
Patrick Demarchelier Nadja Auermann 1995
Lucien Clergue, Nude Zebra, New York, 1998
Louis Faurer, 1960
Robert Lebeck, Alfred Hitchcock, Hamburg 1960
Burt Glinn Sammy Davis Jr., 1959
Helmut Newton, Catherine Deneuve, Paris, 1976



























Par la fenêtre inventée par l’Internet, ce sont toutes les autres qui s’ouvrent et se ferment, que de volets claquent non sans laisser entrevoir des merveilles, des atrocités, des indiscrétions de partout… et chez toi toujours Le Beau.
En déroulant ta série du jour, j’ai le sentiment de regarder aux fenêtres d’une tour immense, de haut en bas ta tour de Babel photographique additionne ses vues, verticalement, et découvre autant de petits mondes, la Claudine Doury & la René Burri sont peut-être mes préférées ici. Fenêtre sur cour… fenêtre-secours ? Pour moi, ce fut le cas et je reste reconnaissante à Internet de m’avoir offert ce fabuleux courant d’air quotidien.
Et si la subjectivité était structurée comme une fenêtre ?
Gérard Wajcman estime qu’« une nouvelle subjectivité s’est instaurée à la Renaissance. Celle d’un homme qui regarde à sa fenêtre ». Mais que regarde-t-il ? Non pas son image, comme dans un miroir, mais le monde dont il attend un signe « qui l’appelle parmi les vivants, que du monde un regard le retienne de basculer par la fenêtre dans le monde »
Lors de la parution des chroniques du regard de Gérard Wajcman, Catherine Kintzler écrivait dans la presse ceci:
"Diviser l’espace, comme le fait la fenêtre, c’est aussi l’ouvrir sur le monde, que chaque homme contient tout entier. Ainsi la division de l’espace que réalise la fenêtre est à l’image de la division intérieure de tout sujet, être de désir en débat intérieur et extérieur avec le monde et dont il est, aussi, l’objet. En ce lieu de l’ambivalence primaire dont tout un chacun est le jouet, « la vie demande qu’on prenne parti. Elle réclame de faire ce choix auquel Kafka invite l’homme à la fenêtre : Dans le combat entre toi et le monde, seconde le monde ». Pour sortir des jeux de miroirs et des spectacles en abyme dont notre monde nous fait trop souvent les jouets, Wajcman nous propose finalement, au-delà de ces « chroniques du regard et de l’intime », plus qu’une esthétique qui n’aurait d’autre fin qu’elle-même : une philosophie de l’art comme métaphore de la subjectivité."
Ping: Chambres avec vue « LE CLOWN LYRIQUE
sooo beautiful! thanks for share…
Venir chez vous c’est ouvrir une fenêtre avec vue sur l’art photographique grâce à votre précieux et avisé regard.
Un enchantement sans cesse renouvelé.