Le visage plaqué sur la face d’Artaud

Antonin Artaud

« Avons-nous seulement le droit d’en faire exposition (Nancy parle des nombreux autoportraits d’Artaud) avec visite bien policée et catalogue aussi savant qu’élégant ? Cette question ne pourra pas être passée sous silence, car ces portraits la posent… » avec :

« Ces dessins et peintures sur papier sont les traces de ce poète dont la vie se consuma hors toute reconnaissance des musées. II fallait aller voir ce qui, dans le champ du dessin, réduit à son non-lieu (u-topos) le dessin et la figuration plastique. Pour y parvenir, Artaud nous a prévenus : savoir accepter « la barbarie et le désordre » du poète. À ce titre, cette oeuvre graphique aura sa place dans la cruauté : « tout spectacle contiendra un élément physique et objectif, sensible à tous ». Cette production visuelle présentifie l’inexposable au coeur de l’exposable-l’irreprésentable au centre du figurable. Telle est l’immense puissance de ce regard fou qui nous regarde, spectateurs si démunis, du dehors. »

Jean-Luc Nancy Le visage plaqué sur la face d’Artaud pour le catalogue de l’exposition de la BNF