Patti Smith

© Robert Mapplethorpe

« Quand j’ai connu Robert Mapplethorpe et que nous avons commencé à vivre ensemble, nous travaillions beaucoup, tout en en tentant de survivre, et moi j’essayais d’être très concentrée. C’était le début des 70’s, la queue de la comète Warhol, la scène était plus dans l’autopromotion que, dans l’art en soi, au point de se créer soi-même comme oeuvre d’art éphémère. L’image était importante, mais moi je suis plus une artiste d’un style traditionnel. Ma tradition était plutôt ce temps où un artiste était «un peintre», si l’on conçoit cette notion comme le résultat d’une vocation, pas d’un apprentissage technique ou d’une volonté d’entreprise. Je crois très fort en cette idée de vocation. D’artiste, de chercheur, de mère » Maintenant, savoir qui la provoque, cette vocation, est une autre question!

[…] J’aime la calligraphie, l’acte physique d’écrire, j’ai toujours admiré Dubuffet, Michaux. Quand j’ai rencontré Robert, il faisait des constructions à la Duchamp. Assis par terre côte à côte, nous dessinions ensemble: et puis Robert, qui avait cet oeil incroyable, a commencé à prendre des Polaroïd pour alimenter ses travaux et il s’est complètement investi dans la photo, dont il aimait l’immédiateté. Il était très confiant en son travail, moi j’étais plus impulsive. Il avait l’habitude de dire que j’avais essuyé les pots cassés en posant pour ses premières photos, celles que vous voyez dans l’exposition. J’admire immensément le travail que Robert a fait pour la photographie, qui était plutôt un art obscur des archives et des tiroirs. Il a contribué à lui rendre une dignité artistique, ce qui me semble une part importante de l’évolution moderne de la photographie. »

Patti Smith

© Annie Leibovitz 
© Phil Sharp, Nashville 2007
© Steven Sebring
© Richard Avedon, 1998
Self-portrait, 2003