Sous le soleil d’Anna

Anna Karina et Jean-Luc Godard

« Et un jour je reçois un télégramme me disant : « Voulez-vous vous présenter chez Georges de Beauregard ». J’y suis allée et là, j’ai vu Jean-Luc Godard pour la première fois, avec ses lunettes noires (qui étaient des lunettes de vue). Il m’a dit « Oui, vous avez le rôle, mais il faut vous déshabiller ». J’ai dit « Je ne me déshabille pas ! » et je suis partie. Il a été étonné et m’a dit : « Mais je vous ai vue toute nue là, dans Palmolive… ». C’est lui qui avait vu quelque chose, car je peux vous dire que l’on ne voyait rien, à part une épaule qui dépassait…C’était son imagination. J’ai ensuite fait d’autres photos, mais pas très longtemps, et aussi des défilés de mode pour Cardin, pour des assistants de Christian Dior qui devaient avoir 21 ans et moi 18. Ils voulaient me prendre sous contrat pendant 3 ans, mais je ne voulais pas. Le temps passe et trois mois plus tard, pour A bout de souffle Godard me propose un tout petit rôle. Il m’envoie un télégramme me disant : « Cette fois-ci, ce n’est peut-être pas pour le rôle principal… » (tenu par Jean Seberg). Ensuite nous avons travaillé ensemble et nous nous sommes mariés, puis séparés, ce qui a été un vrai déchirement. »

(Source http://www.filmsdefemmes.com)