Charis Wilson, la muse d’Edward Weston

nude“Nude,” 1936. Edward Weston Center for Creative Photography  ©1981 Arizona Board of Regents

“Nude,” 1936, part of the Sand Dunes series. Gelatin silver print. (©1981 Center for Creative Photography, Arizona Board of Regents.)

“Nude Floating,” 1939.

“Charis, Lake Ediza,” 1937. (Edward Weston Center for Creative Photography  ©1981 Arizona Board of Regents)

Edward Weston Charis Wilson, 1935

Charis Wilson 1941

Edward Weston Charis Wilson 1941

« Un nouveau chapitre important de ma vie s’est ouvert dimanche dernier, » écrit Edward Weston dans son journal daté du 22 avril 1934. « J’ai vu cette belle grande fille, avec un corps bien proportionné, un visage intelligent avec des taches de rousseurs, des yeux bleus, des cheveux bruns dorés. Je devais la rencontrer. » L’arrivée de Charis Wilson dans la vie du photographe, a bouleversé l’art de Weston. Sa muse vient de s’éteindre à 95 ans en Californie.

“Récapitulons : f8, 1/10e de seconde, filtre K1, film panchromatique. Cela paraît bien technique, bien calculé. Pourtant, que d’immédiateté, de spontanéité : je commande à l’appareil à un point tel qu’il se soumet à ma volonté. L’obturateur, en liaison avec mon cerveau, se déclenche de façon
quasi naturelle, comme le mouvement de mon bras.”

“Mes photographies […] sont réalisées sans aucune préméditation ; elles surgissent seulement sur le verre dépoli, et le tirage final, rarement modifié, reproduit sans recadrage ce que j’avais ressenti au moment de la prise de vue.”

“Je me sens mieux dès que j’oublie la photographie, l’art, les femmes et tout le reste.”

“La spécificité de la photographie doit, me semble-t-il, s’accomplir dans l’exploration d’autres voies : utiliser en particulier l’appareil pour enregistrer la vie, témoigner de la substance, de l’essence de la chose même, acier poli ou chair palpitante.”

“Je tire beaucoup plus de joie des choses déjà composées que je découvre dans la nature, que de mes meilleurs arrangements personnels. Après tout, sélectionner est une autre manière de composer…”

Edward WESTON, Journal mexicain (1923-1926), Éditions du Seuil, Paris, 1995.