« On pourrait presque dire que la femme dans son entier est taboue… »

(c) Oliver TAMAGNINI Daydream

« On pourrait presque dire

que la femme dans son entier

est taboue… »

S. Freud

« On pourrait presque dire… » La précaution prise par Freud dans cette énonciation aurait-elle le sens de se prémunir contre les démons ou les foudres, comme s’il prenait lui-même le risque de transgresser l’objet dont il traite : un tabou ? On pourrait presque dire… qu’il ose aborder ce « continent noir » peuplé de dangers et de chausse-trappes, où l’explorateur peut s’exposer à des flèches empoisonnées au curare, comme à celles de Cupidon. En quoi le féminin est-il porteur de ce caractère sacré, consacré, impur et donc dangereux dès lors que les’ rites d’évitement et d’interdit sont transgressés ? « Le tabou de la virginité », Freud distingue trois éléments. Le premier est le tabou du sang, particulièrement celui de la femme : le sang de la défloration, celui des règles, de l’accouchement, etc. Le deuxième est l’angoisse de l’étranger, de tout ce qui est premier, nouveau, inattendu et inquiétant, comme le premier coït. Le troisième tabou s’étend à tous rapports sexuels.

Ces peurs et ces tabous se concentrent sur la femme qui, écrit Freud, « est autre que l’homme,… incompréhensible, pleine de secret, étrangère et pour cela ennemie », Une femme qui saigne. Une femme avec qui « le premier acte sexuel représente un danger particulièrement intense », du fait de la « blessure physique et narcissique qui naît de la destruction d’un organe ». Une femme par qui, lors du coït, « l’homme redoute d’être affaibli,… contaminé par sa féminité et de se montrer alors incapable ». Voici le cœur du tabou qui traverse les temps et les mœurs : la femme est tout à la fois « autre », « sexuelle », « impure » et « castratrice ». Le « venin de la pucelle », cité par Freud, en témoigne. Il s’agit d’une terreur primaire. Les mesures d’évitement se portent aussi bien sur le toucher que sur le « voir »

Le tabou féminin, Jacqueline Schaeffer, L’INFINI N° 108, Automne 2009

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