A trop vouloir analyser, on tue l’émotion

JeanLoup Sieff

« Mes photos sont autant de petits cailloux noirs et blancs que j’aurais semé pour retrouver le chemin qui me ramènerait à l’adolescence »

« J’ai toujours refusé le recadrage, par discipline personnelle, considérant que l’inscription dans un espace donné étant aussi importante que ce que l’on photographiait. S’il faut recadrer, c’est que l’on était au mauvais endroit ou à la mauvaise distance, donc que l’image n’est pas bonne. »

« Jamais la photographie ne pourra retranscrire avec fidélité tout ce que j’ai pu vivre et ressentir mais elle a sa vérité propre, différente, que je découvre toujours avec étonnement et surprise comme si j’en étais plus le responsable. »

« Dans toutes les photographies, c’est bien du temps qu’il s’agit ; du temps qui glisse entre les doigts, entre les yeux, du temps des choses et des gens, du temps des lumières et des émotions, du temps, qui jamais plus, ne sera comme avant. »

« Toute ma vie j’aurai recherché le temps perdu, longtemps je me serai retourné sur ce qui fut, mais si j’ai prétendu le faire pour me souvenir, c’était, sinon faux, du moins prématuré, car je ne photographiais que pour me faire plaisir, même si je pleurais ensuite ce plaisir enfoui auquel mes visages me renvoyaient. Chaque image est indissociable du temps qui passe, et qu’elle conserve, un peu. »

« Sans lumière pas de volumes, pas d’ombres, pas de vie, pas d’images. C’est pour cela que la photographie est une création récente, dans la nuit des temps elle ne pouvait exister ! »

« Ombre et lumière, jour et nuit, blanc et noir, jumeaux siamois condamnés à vivre ensemble parce qu’indissociables l’un de l’autre »

Jean-Loup Sieff