J’ai de mon rêve épars connu la nudité

William Ropp, untitled (1993)

                                                                              Ô miroir !

Eau froide par l’ennui dans ton cadre gelée
Que de fois et pendant des heures, désolée
Des songes et cherchant mes souvenirs qui sont
Comme des feuilles sous ta glace au trou profond,
Je m’apparus en toi comme une ombre lointaine,
Mais, horreur ! des soirs, dans ta sévère fontaine,
J’ai de mon rêve épars connu la nudité !
Nourrice, suis-je belle ?

Hérodiade, poème de Stéphane Mallarmé, dans Poésies, 1887.