Celui qui cherche

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© Jean-Baptiste HUYNH, Portrait XXIII, Mali, 2003

Je suis submergé par une mer
Et mon amour guette l’apparition de la lune,
Puisse-t-il être exaucé et s’écrier : « Ô croissant,
Enfin visible et chargé de toute beauté ! »

A l’instant où Tu ordonnas un scintillement,
La tente des ténèbres fut arrachée,
La forteresse de la débauche s’écroula,
Et un feu brillant jaillit, de tous côtés.

Mes yeux ont clignoté
Alors que j’étais enivré,
Mon esprit s’est détourné
De toutes les voies de ce monde.

Dès lors l’Ennemi de Dieu s’est enfui,
Me laissant en paix.
Délesté de mes péchés, je suis dans la joie,
Loué sois-Tu pour tous Tes Dons !

Je suis en prosternation
Pour rendre grâces à l’Aimant,
Le Secourable, l’Unique.
Quand voudra-t-Il me faire entièrement revenir à moi ?

Un bienfait a été répandu,
Les ténèbres ont été dissipées,
Maabal a été « rapproché »,
Avec tous les amis de Dieu.

Ma poitrine est chargée
Du poids de mon amour pour Ahmed.
Un parfum soudain s’est exhalé,
Que je ne puis comparer à rien d’autre.

Ô Roi Très-Haut !
Si prompt à la miséricorde,
Le Savant et le Sage,
Veillant à l’accomplissement de toute chose.

Fais-moi sortir de cette forteresse de pierre !
Fais-moi entrer dans la « Barque sacrée » !
Dépouille-moi de la tunique « tâchée » !
Purifie totalement mon être intérieur !

Tu as appelé et nous avons répondu.
Je ne dis pas que ce fut par un son articulé,
Mais par un effet de Ta Volonté,
Ô Créateur de toutes les créatures !

© Mâbal, “Sorsorewel: Un poème mystique soudanais.” Traduit par A.H. Bâ, présenté par Théodore Monod. Présence africaine. 1948. N° 3, pp. 441-50.

Mali, Portrait XXIV 2003

© Jean-Baptiste HUYNH, Portrait XXIV, Mali, 2003

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© Jean-Baptiste Huynh, Portrait XVII, Mali, 2003