Je suis devant ce paysage féminin

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© Wols (Wolfgang Schulze), Jacques Prévert et Jacqueline Laurent, Paris, 1937

Je suis devant ce paysage féminin
Comme un enfant devant le feu
Souriant vaguement et les larmes aux yeux
Devant ce paysage où tout remue en moi
Où des miroirs s’embuent où des miroirs s’éclairent
Reflétant deux corps nus saisons contre saisons

J’ai tant de raison de me perdre
Sur cette terre sans chemins et sous ce ciel sans horizon
Belle raison que j’ignorais hier
Et que je n’oublierai jamais
Belles clés des regards clés filles d’elles-mêmes
Devant ce paysage où la nature est mienne

Devant le feu le premier feu
Bonne raison maîtresse

Étoile identifiée
Et sur la terre et sous le ciel hors de mon cœur et dans mon cœur
Second bourgeon première feuille verte
Que la mer couvre de ses ailes
Et le soleil au bout de tout venant de nous

Je suis devant ce paysage féminin
Comme une branche dans le feu.

© Paul Éluard, L’extase in Le Temps déborde (1947)

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© Man Ray, Paul Éluard baisant le front de Nusch 1936-1937
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© Philippe Halsman, Salvador Dalí painting Medusa on Gala, c 1942